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Musique

mercredi 11 mai 2005, par SEL DE PANAME

’’La musique est une loi morale, elle donne une ème à nos coeurs, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Elle est l’essence du temps et s’élève à tout ce qui est de forme invisible, mais cependant éblouissante et passionnément éternelle.’’
Platon

Diffusée, commercialisée, remixée, répétée : la musique hante désormais tous les recoins de la vie. Les baladeurs ont envahi les rues, les "bains musicaux" flottent entre musiques et eaux douces. Même la Chine s’en mêle, la musique infiltrant en douce les circuits d’acupuncture. Dans cette époque bercée de souffrances, la musicothérapie ne fait pas exception et propose à son tour de la musique avant toute chose. Avec cette dernière, il ne s’agit pas d’apprendre ou de jouer, mais de cerner des émotions.

La musique de type "musak" illustre aussi tout ce que n’est pas la musicothérapie. « Nous ne vendons pas de la musique, nous vendons des programmations », précise un des responsables de Musak, cette grande entreprise américaine d’abord créée pour fournir de la musique par téléphone. Le musak est donc une musique traitée (tonalités et volume sont affadis), placée sur des cartes perforées, classée par genre et programmée en séquences de temps déterminées. Par exemple, un programme de restaurant mettra en vedette pour le déjeuner des nouveautés sans cuivres, et pour le repas du midi, des airs farcis de cordes. Pour l’usine ou le bureau, la musique sera sereine, relevée en milieu de matinée et d’après-midi de rythmes allègres voués à contrer la fatigue. Enfin, pour les boutiques, on aura plutôt recours à des ambiances qui stimulent les oreilles, le geste et les achats.

Avec la musique d’ambiance et la musique nouvel âge, on a toutefois raffiné vocabulaire et concept. Le compositeur John Cage parle donc de « musique d’ameublement qui tient compte des bruits ambiants en adoucissant, par exemple, le bruit des fourchettes ». Christopher Reed, concepteur de la collection musicale Intermede Ambiance, évoque « des ambiances interactives entre ce qui est vécu et ce qui joue en arrière-plan. » Les tenants du nouvel âge proposent pour leur part des ondes sonores qui « massent le cerveau ».

En dépit de ces diverses orientations, toutes ces musiques proposent d’abord des sonorités qui s’entendent mais ne s’écoutent pas, c’es-tà-dire des airs qui pacifient l’attente ou le silence. Chez le dentiste, dans le métro ou dans les gares, quel est donc le secret des musiques lénifiantes ? Vidées de toute sonorité stridente, elles évitent ce qui stresse, choque, émeut ou secoue-tempos serrés, crescendos puissants, cuivres agressifs, violons sanglotants.

En comparaison, la musicothérapie se fait discrète, à l’écoute de l’être plutôt que du son, en quête d’identité plutôt que de style. Bien sûr, la musique est une thérapeutique et elle l’a toujours été. Qu’on pense à David soignant la dépression du roi Saül au son de la harpe, aux Indiens Cherokees guérissant à coups de crécelles. Qu’on pense à la catharsis de Pythagore ou aux chants médicinaux de Platon. « L’estomac aime le rythme, décrétait un médecin du siècle dernier. Madame dînera donc au son du tambour... »

Sélection Lili Pincemoi

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