Systèmes d’Echanges locaux en Ile de France

Accueil > 2 - Qui sommes-nous ? > 5 - Témoignages SEListes > Tribune libre > Inauguration d’Athos

Inauguration d’Athos

dimanche 20 février 2005, par SEL DE PANAME

Ce récit est un essai humoristique purement imaginaire et dépourvu de toute connotation religieuse.

Pour rien au monde, nous ne manquerions l’inauguration d’Athos. En effet, nous sommes conviés à la cérémonie de présentation des vœux, autorisée par le Directoire, même si nous n’aimons pas forcément ce style. Il est vrai que pour ces festivités mondaines, le rendez-vous, fixé à dix sept heures, est peut-être dissuasif. Mais, après tout, c’est l’heure du thé, très prisée par nos voisins anglais.

J’ai le plaisir et l’honneur de vous faire un compte rendu à la manière d’un petit reporter ou rapporteur, si vous préférez, sans omettre de prendre des photos, pour l’album souvenirs dédié à ce cher Johnny (souvenirs, souvenirs)

Mais, vous vous posez certainement la question : pourquoi ce nom Athos ? Sans doute par analogie avec la montagne de Grèce de 2033 mètres, située en Macédoine. Le territoire de l’immeuble Athos a été construit dans un quartier d’affaires du treizième arrondissement qui n’aura bientôt rien à envier à la City .

On sait aussi que le territoire du mont Athos abrite vingt monastères. Inutile de vous faire tonsurer, pour autant, car ces moines ont le droit de garder leur chevelure ! La réflexion, la rigueur, la maîtrise de soi, les privations, les vœux solennels suffiront !

Nous marchons sur les pas d’un groupe de pèlerins, en route vers l’Ermitage. Haletants, nous arrivons bientôt au mont Athos, dont le cordon rouge va être coupé d’un moment à l’autre ! Un monde nouveau s’ouvre devant nous. Comme Moïse, nous atteignons enfin la Terre Promise.

Aussitôt après avoir franchi la porte, nous faisons corps avec une grande marée humaine se déplaçant à la vitesse d’un cheval au galop ! Dès que nous avons brandi nos cartons d’invitation et montré pattes blanches, nous rejoignons l’atrium. Comparable à une cour intérieure de maison romaine, elle sert, pour l’occasion, de point de rassemblement.

Mais, avant les festivités, n’oublions pas que toute inauguration commence par un beau discours posant les bases de grands projets. Imaginez d’abord le cadre environnant. Les tables, habillées pour l’occasion de jupons blancs, sont magnifiquement dressées. La fanfare brille de tous ses cuivres au diapason de l’immeuble éclairé de mille feux ! Heureusement, aucune trêve de confiseurs n’est prévue.

Ainsi, les canapés lilliputiens, tout comme les participants, ont revêtu leurs habits de fête ! Les bouteilles bien alignées, sous le regard protecteur de maîtres d’hôtel très distingués, semblent se préparer à un grand défilé, pourtant nous ne sommes pas le 14 juillet !.

La séance débute par un discours , très courtois d’ailleurs. Enveloppée d’un halo de lumière, madame X émouvante, prend la parole. Tel un cerf-volant happé par le volume venté de l’atrium, son récit nous emmène en voyage dans le temps.

Le bilan actuel, les perspectives d’avenir, les encrages à l’étranger sont évoqués Les applaudissements crépitent. Alors, béats d’admiration, nous pouvons passer au chapitre suivant, plus terre à terre : le cocktail. Nous sortons peu à peu de notre mutisme extasié.

Que la fête commence ! Les coups de canon nous y invitent. Avec une démarche modérément chaloupée empruntée à un mannequin d’Yves Saint Laurent , nous montons au front. Nous essayons tant bien que mal de nous frayer un passage dans la foule de collaborateurs. Nous y parvenons enfin ! Les amuses bouches ont des couleurs si harmonieuses ! Qui oserait toucher à ces œuvres d’art ? Respectueux, nous convoitons alors d’adorables petits fours salés. Nous les caressons et les soupesons du regard. Nous les savourons mentalement. Nous nous en approchons. Trop tard, de longs bras nous ont devancés.

Alors, notre centre d’intérêt se tourne vers d’autres gourmandises. Médusés par d’autres petits fours sucrés, nous commençons à pratiquer un cérémonial de dégustation. Constatant alors que les rations diminuent à vue d’œil, nous abandonnons le stade contemplatif. Sous la menace de la banqueroute, nos gestes s’enhardissent . Ces douceurs sont pour nous providentielles. Nous picorons ça et là de savoureuses bouchées.

Nous buvons à votre joie de vivre, votre humour, votre enthousiasme, votre univers spirituel, bref, votre bonheur, vous qui n’avez pu nous accompagner dans ce périple. Nous aurions tellement aimé que vous vous ralliez à notre panache blanc !
Enfin, nous sablons le champagne (cliché) Comme ce tintement de cristal est agréable à l’oreille. L’entendez-vous ? Autour de nous, les langues se délient peu à peu (cliché). Un brouhaha convivial s’installe sur fond de fanfare, à moins que mon imagination ne me joue des tours.

Ainsi , les heures, agréables d’ailleurs, s’égrènent sur la grande pendule du temps (cliché). Enjoués, rassasiés, grisés, nous nous effaçons sans tambour ni trompettes . Nous laissons derrière nous les vestiges d’un goûter bon enfant très réussi et un nuage de fumées de cigarettes me faisant penser précisément à un aïku Japonais d’Issa " La fumée dessine à présent le premier ciel de l’année "
C’est vraiment une inauguration à marquer d’une pierre blanche, ou deux, si vous voulez faire du feu. Ces moments inoubliables resteront, à jamais, gravés dans notre mémoire vive.

© copyright Marie Carteron, Paris, France

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?